Environ 500 personnes ont manifesté hier, dans le centre-ville
contre le nouveau président élu. Avec une longue halte devant le
commissariat.
« Résistance en Sarko-France ». À l'appel d'Attac-Université, des Jeunes communistes du Calvados, de la FSE, du groupe de lutte anti-Sarko (Glas), un cortège d'environ
500 personnes s'est symboliquement rassemblé mardi en début d'après-midi, place de la Résistance.
Pour ces militants, «
les urnes ont parlé, mais ce n'est pas pour autant que la rue doit se taire ». Avant de défiler, est lu un message rédigé par d'anciens résistants 1939-1945, dont Lucie et Raymond Aubrac et Georges Séguy, soulignant les mérites de la «
démocratie économique, sociale et culturelle ».
Aux cris de « peuple libre, président facho, comment ça se fait · », la manifestation parcourt ensuite les rues du centre-ville. le cortège passe devant le bar de La Tour Solidor et la boutique « Nomad bijoux », rue Écuyère. Les vitrines de ces deux commerces ont été brisées dans la nuit, vers 2 h. « S'il n'y a pas de manifestation, il n'y a pas de casseurs », invective la créatrice de bijoux, une Brésilienne de 35 ans, les larmes aux yeux. « C'est une manifestation à deux balles : il faut attendre que le mec élu fasse des conneries pour gueuler dans la rue. Pour moi, c'est anti-démocratique. » Quelques manifestants essaient de la convaincre du contraire. En vain.
Le défilé se poursuit dans le
calme pour se disperser place du Théâtre. Mais
300 manifestants décident de ne pas s'arrêter là : ils
se rendent devant l'hôtel de police où ont été entendus des manifestants interpellés après les incidents de lundi soir.
Sur
16 personnes gardées à vue,
sept ont été remises en liberté sans suite. « Je suis le 14e à sortir de garde à vue, mais j'ai en poche une convocation devant le tribunal correctionnel », déclare l'un des mis en cause. La sortie d'autres gardés à vue s'est traduite par la dispersion progressive de la manifestation, plus encadrée que celle de lundi soir.
Jean-Pierre BEUVE et Nathalie HAMON.